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Estelle Mercier (PS): «Nous ne sommes pas obligés d'avoir un budget purement austéritaire»

Invité politique · 30 sept. 2026 · 7:52

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Alors que le gouvernement présentera, jeudi 1er octobre, une première copie de son projet de loi de finances, Estelle Mercier, députée du Parti socialiste (PS) de Meurthe-et-Moselle, réclame davantage de moyens pour financer les politiques publiques. « Ce n'est pas aux plus démunis de faire des efforts », insiste la cheffe de file PS sur le budget. « En l'état, la copie n'est pas acceptable », selon elle. La députée revient également sur la proposition de loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles ; elle évoque « un vrai changement de regard par rapport à la parole des victimes ».

Le gouvernement va présenter jeudi une première copie de son budget pour 2027. Officiellement, le Premier ministre a tendu la main au Parti socialiste et vous propose de trouver un « compromis ». Que lui répondez-vous ?

Nous allons discuter dès cet après-midi, pas avec le Premier ministre mais auprès des ministres concernés. Discuter et échanger avec eux sur nos propositions, puisque nous en avons fait des très concrètes pour le budget 2027. Et donc, nous répondons que nous sommes tout à fait disposés à discuter – sur la base de nos propositions – d'une autre manière de faire un budget.

Il y a des mesures qui vont dans le sens plutôt des Républicains ou du Rassemblement national. Est-ce que ça vous inquiète ?

Il est vrai que les annonces qui ont été faites ne sont pas du tout des mains tendues aux socialistes. On voit bien que c'est quand même un budget très austéritaire, avec des propositions qui font plaisir à la droite : une baisse des dépenses et notamment des dépenses sociales. On demande toujours de faire des efforts aux gens qui sont les plus fragiles, aux malades, aux gens qui sont en location avec le gel des APL (aides personnelles au logement), aux retraités qui ont des revenus modestes. Tout ça fait qu'on est toujours dans la même rhétorique de dire qu'il faut dépenser moins. « Tapons sur les plus fragiles » et en même temps, l'éléphant qui est dans la pièce, c'est-à-dire les hauts patrimoines, les plus riches ou les ultra-riches et les grandes fortunes, on n'en parle jamais.

Votre contre-budget est-il financé ?

Nous, notre contre-budget, il dit une chose claire et nette. Depuis 2019, ce ne sont pas tellement les dépenses qui ont augmenté, ce sont les recettes qui ont fortement diminué. Nous, ce que nous disons, c'est que depuis dix ans, Emmanuel Macron a mené une politique économique et budgétaire catastrophique qui n'a fait que vider les caisses de l'État. Et aujourd'hui, il demande aux plus démunis de faire des efforts. Mais en réalité, ce n'est pas aux plus démunis de faire des efforts, ce n'est pas aux Français de la classe moyenne de faire des efforts, c'est à ceux qui ne contribuent pas aujourd'hui à hauteur de leur faculté respective, c'est-à-dire les plus riches, de mettre enfin la main au portefeuille et de revenir sur tous les avantages fiscaux qu'ils ont eus depuis dix ans.

Par exemple, et ça va dans le sens de ce que vous dites, la taxe Zucman, vous en attendez 15 milliards. Mais il faut quand même réussir à l'imposer...

La taxe sur les hauts patrimoines – ou la taxe Zucman, qui est une forme de taxe sur les hauts patrimoines –, pour l'imposer, il suffit d'une volonté politique. Et la volonté politique, si elle n'est pas là, effectivement, la taxe Zucman ne peut pas s'imposer. Mais s'il y a une volonté politique, la taxe, elle s'impose.

Sur quoi n'allez-vous pas céder ?

Nous sommes très clairs sur le fait que nous avons fait des propositions. Elles constituent un ensemble cohérent, à la fois de relances de l'investissement, de relances pour nos services publics, des mesures de pouvoir d'achat aussi importantes dans notre budget, qui sont financées évidemment par un rétablissement des recettes fiscales – j'insiste –, un rétablissement des recettes fiscales auprès des hauts patrimoines, auprès notamment des plus grandes successions, auprès des géants du numérique aussi... C'est cet ensemble-là qui montre qu'un autre chemin est possible, et qu'on n'est pas obligé d'avoir un budget purement austéritaire et qui demande des efforts à tout le monde, surtout ceux qui ont déjà largement contribué, pour pouvoir rétablir les comptes publics. Le rétablissement des comptes publics se fera forcément dans la durée, parce que là, on est dans une situation extrêmement compliquée, après dix ans de politique d'Emmanuel Macron. Mais il faudra bien le faire à un moment ou à un autre.

Il y a toujours ce risque que tout cela prenne la tournure du précédent budget de Michel Barnier, le budget de l'État qui a été adopté par l'article 49.3.

C'est bien que vous fassiez la référence à Michel Barnier : rappelez-vous aussi que Michel Barnier était tombé parce qu'il avait tendu la main au Rassemblement national. Là, ce qu'il y a dans ce budget, notamment le délai de carence pour les étrangers sur les prestations, qui a été annoncé par Sébastien Lecornu, est très inquiétant. C'est un signal uniquement symbolique, puisqu'en termes de rendement budgétaire, ça ne rapporte absolument rien. C'est bien une main tendue qu'il a lancée au Rassemblement national. À partir de ce moment-là, on ne peut pas vraiment dire qu'il ait tendu beaucoup la main aux socialistes. Quelle que soit la manière dont il va avancer dans le budget, et dont on va avancer dans le budget, nous saurons nous positionner e

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