Le choix musical de RFI · 16 sept. 2026 · 5:49
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La chanteuse Catherine Ringer s'est éteinte, dans la nuit de ce mardi 15 septembre 2026. Elle avait 68 ans. Avec elle, c'est la deuxième moitié des Rita Mitsouko qui disparaît, près de 20 ans après la mort de son compagnon et partenaire de scène, Fred Chichin. A deux, ils avaient formé l'un des groupes les plus mythiques du rock français, devenu culte au fil des décennies.
Les Rita Mitsouko, c'est d'abord une voix. Celle, magnifique, de Catherine Ringer : capable de monter dans des aigus improbables aussi bien que dans des graves profonds ; tour à tour rauque, sensuelle et grinçante ; en tout cas toujours chargée d'émotion. « C'était une interprète hors norme, s'émeut le directeur musical des antennes de Radio France Didier Varrod, presque surnaturelle dans sa capacité à reprendre des répertoires très différents et de les ramener à elle au lieu de les emmener ailleurs. »
Une rencontre avant toutPourtant, cette voix n'aurait pas connu l'aventure rocambolesque des Rita Mitsouko sans la rencontre, fondatrice, avec Fred Chichin en 1979. Les deux artistes sont alors au coeur de la vingtaine et se croisent à l'occasion d'un spectacle auquel participe Catherine Ringer. C'est le coup de foudre, aussi bien amoureux que musical, et les deux trublions commencent à faire des étincelles. Lui, avec son air de dandy, joue de la guitare ; elle, extravertie et libre, interprète les titres qu'ils ont composé ensemble.
En 1984, le feu prend avec une chanson devenue culte : « Marcia Baila ». « Cette chanson est vraiment un marqueur sociétal, raconte Didier Varrod. Que ce soit en discothèque en ville ou dans des campings ruraux, tout le monde a dansé sur cette chanson. » Une chanson dont l'équilibre tient au contraste entre sa mélodie - dansante, enjouée, entre sonorités rock et latines - et ses thématiques : « on dansait sur des paroles tragiques, se souvient encore Didier Varrod. "Marcia Baila" parle du cancer et de la mort. Et ce contraste-là, on le retrouve dans plusieurs chansons des Rita Mitsouko. » L'exemple le plus frappant étant sans doute « Le Petit train », chanson aux airs de comptine enfantine qui raconte pourtant l'expérience des trains de la mort vécue par le père de Catherine Ringer durant la Seconde guerre mondiale.
Des modèles du rock françaisAvec les Rita Mitsouko, les Français découvrent qu'ils peuvent faire du rock. « Le rock français avait été un peu enterré à l'époque. Les Rita Mitsouko - avec d'autres, notamment Alain Bashung - ont prouvé que c'était possible, » pointe Didier Varrod. Un rock loin des standards anglo-saxons : matiné d'influences punk, funk, électro ou hip-hop, caractérisé par un « esprit français » aussi libre que râleur.
Autant de caractéristiques qui permettent aux Rita Mitsouko de s'inscrire dans la durée, d'autant, souligne Didier Varrod, «qu'ils n'ont pas cherché à correspondre à l'esthétique des années 1980, très électronique et synthétique. » Intemporelle, leur musique a donc pu traverser les décennies sans prendre la moindre ride.
Cinquante ans ou presque après la formation du groupe, le public est toujours au rendez-vous et les tubes des Rita Mitsouko ont peu à peu acquis le statut de chanson culte. Comme quoi, même si « les histories d'amour finissent mal en général, » il y a toujours une exception.
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