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De vive(s) voix

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Natasha Kanapé Fontaine et Virginia Pesemapeo-Bordeleau : défendre la poésie des langues minorisées

De vive(s) voix · 7 oct. 2026 · 28:59

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Toute la semaine, se déroule le Festival International de Poésie à Trois Rivières sur la rive Nord du fleuve Saint-Laurent, à mi-distance entre Montréal et Québec : une institution, depuis 42 ans, qui fait de cette ville la capitale mondiale de la Poésie. 

Une centaine de poètes invités, près de trois cents activités proposées et une soirée d’inauguration : le Festival International de Poésie de Trois Rivières se déroule du 2 au 11 octobre. 

Depuis plus de quatre décennies, la ville de Trois Rivières au Canada, accueille chaque année des poètes du monde entier et favorise les rencontres entre les artistes et le public. 

Pour cette troisième émission enregistrée au festival International de la Poésie, place aux langues minorisées avec nos deux invitées qui sont devenues les porte-voix de leur communautés. 

Natasha Kanapé Fontaine, née en 1991 est une poète et écrivaine de la Nation Innu (qui se traduit par « humain ») originaire de Pessamit, sur le Nitassinan (Côte-Nord). Elle écrit principalement en français bien que ce ne soit pas sa langue maternelle, langue maternelle qu'elle a perdue vers l'âge de six ans. C'est grâce à l'art qu'elle a pu se reconnecter avec sa langue maternelle et ses racines : 

« Pendant longtemps, j'ai écrit sans me rendre compte que j'étais influencée par la langue innue, par sa syntaxe, alors que pour moi, c'était simplement une forme de liberté que je prenais; c'était de la création ».

Elle a publié N'entre pas dans mon âme avec tes chaussures, son premier recueil de poésie en 2012 quelques mois avant le mouvement de révolution Idle no more, (n'attendez plus) un mouvement de contestation de citoyens qui a rassemblé des autochtones. 

Elle a remporté le Prix des écrivains francophones d’Amérique avec cette oeuvre. 

Aujourd'hui, elle milite pour les droits environnementaux et contre la discrimination. 

Virginia Pesemapeo-Bordeleau, née en 1951 est également poète, autrice, peintre et sculptrice.  Elle fait partie de la communauté Eeyou, (qui peut également se traduire par « humain ») un peuple du Moyen Nord dans la région de Nord-du-Québec. Son nom de famille, Pesemapeo, signifie « arc-en-ciel ».

« Ma façon d'écrire est inspirée par le rythme de mes langues maternelles, elles nous habitent tout le temps ». 

Dans ses poèmes en français, elle introduit aussi des phrases dans sa langue maternelle.

Toutes deux plaident pour la reconnaissance des communautés autochtones et de leurs langues. Les langues Innu et Eeyou sont considérées comme des « langues sœurs ».

À lire : 

- Nauetakuan de Nathacha Kanapé Fontaine, à lire aux Éditions Depaysage

- Poésie en marche pour Sindy suivi de Je te veux vivant. Ce recueil rend hommage à Sindy Ruperthouse, une femme autochtone Abitibiwinni (originaire de Pikogan au Québec) portée disparue à Val-d'Or depuis plus de dix ans et Iskoude outaban aux éditions. 

L'oeuvre de Joséphine Bacon chez Mémoires d'encrier. 

Programmation musicale : 

L'artiste Natasha Kanapé Fontaine avec le titre Notre révolution a été télévisée composé d'après le texte de Gilbert Scott-Heron. 

Épisodes: De vive(s) voix

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