De vive(s) voix · 8 oct. 2026 · 28:59
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Toute la semaine, se déroule le Festival International de Poésie à Trois Rivières sur la rive Nord du fleuve Saint-Laurent, à mi-distance entre Montréal et Québec : une institution, depuis 42 ans, qui fait de cette ville la capitale mondiale de la Poésie.
Une centaine de poètes invités, près de trois cents activités proposées et une soirée d’inauguration : le Festival International de Poésie de Trois Rivières se déroule du 2 au 11 octobre 2026.
Depuis plus de quatre décennies, la ville de Trois Rivières au Canada, accueille chaque année des poètes du monde entier et favorise les rencontres entre les artistes et le public.
Pour cette troisième émission enregistrée au festival International de la Poésie, place à la nouvelle génération de la poésie québécoise. Mayra Bruneau Da Costa, Catherine Paquet et François Guerette. Trois trajectoires, trois écritures.
- Catherine Paquet est poète et travailleuse sociale ! La poésie, elle l'a d'abord découverte à travers la musique. Mais aussi dans la rue, en écoutant les gens parler. La tonalité qui la rapproche du rap ou du slam, elle aime jouer avec les allitérations. Elle revendique fièrement l'usage du franglais dans ses textes « le français vit et se transforme par la créolisation, c'est une richesse, l'oralité fait partie de ma poésie », explique-t-elle. Elle désire que ton travail soit accessible à toutes et tous pour donner envie de lire et d'écrire. Dans ses poèmes, elle aborde des thèmes aussi variés et larges que la liste des courses, le tricot de la grand-mère, mais aussi les féminicides, les méfaits du capitalisme, l’aliénation.
- Mayra Bruneau Da Costa, elle, est une amoureuse de l'amour : « L'amour est mon moteur d'écriture, je dis tout, je n'ai pas beaucoup de filtre », explique-t-elle. Ses poèmes parlent beaucoup d'amour, de ses amants mais aussi de ses ex-amants. D'ailleurs « les apôtres à deux sucres » qui donnent le titre à son recueil sont ses amants. Elle y raconte ses histoires mais aussi ses ruptures avec des poèmes très courts : « j'écris des poèmes comme des haikus, j'aime séparer les idées, c'est comme si une fois que l'émotion était passée, je passais à autre chose ». Elle a été finaliste Prix des nouvelles voix de la littérature 2026.
- François Guerrette est devenu grand poète à 40 ans. Il vient d'être consacré par le Grand Prix Quebecor du Festival international de Poésie, avec un nouveau recueil La base et le Sommet, son sixième livre. Il a mis plusieurs années à écrire ce recueil très différent des autres livres publiés auparavant. Sa poésie est excessivement intime, sombre. C'est un livre qui parle beaucoup de la mort, mais qui cherche à définir ce qu'est la vie. Une partie de ce livre a été écrite alors qu'il était en cure de désintoxication. On y trouve de fulgurantes pages autobiographiques, bien qu’il ne soit pas totalement autobiographique... L'auteur la décrit plutôt comme une sorte d'abstraction lyrique « la poésie est toujours autobiographique car elle est remplie de son souffle et sa subjectivité, il y a toujours une signature à soi dans les textes et dans le style ».
Avec également un reportage au café-bar le Zenob, l'un des plus vieux cafés-bars de la ville de Trois-Rivières. Ce café a un accès sur la culture avec une petite salle assez basse de plafond, avec un comptoir, quelques tables, des murs recouverts de photos et de dessins et surtout un micro.
À lire :
- Mayra Bruneau Da Costa, Cartographie des apôtres à deux sucres
- Francois Guerrette, La base et le Sommet, publié aux éditions Poètes de Brousse
- Catherine Paquette, Madame Full of shit et Chercher le trouble, publiés chez Hurlantes Éditrices.
Programmation musicale :
Les artistes québécois Angine de Poitrine.