Reportage Afrique · 23 sept. 2026 · 2:25
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La Côte d’Ivoire s’est engagée à porter à 45 % la part des énergies renouvelables dans son mix énergétique d’ici 2035. À Ferkessédougou, dans le nord du pays, la centrale Ferké Solar, développée par PFO Énergie, est l’un des symboles de cette ambition. Mise sous tension en juillet 2026, elle doit injecter chaque année près de 90 gigawattheures d’électricité dans le réseau national. Une contribution encore modeste à l’échelle du pays, mais qui traduit la volonté de diversifier les sources de production d’électricité. Au-delà des chiffres, la nouvelle centrale a déjà des impacts sur le quotidien des populations de la région.
De notre envoyé spécial à Ferkessédougou,
À Sokoro, un village d’environ 500 habitants à l’entrée de Ferkessedougou, le bruit du moulin de Lamoussa se fait entendre dès les premières habitations. Chaque jour, ce jeune homme y transforme céréales et autres produits pour les villageois. Mais il y a encore quelques mois, son activité était régulièrement paralysée : « Il y avait beaucoup de coupures de courant ici à Sokoro, ça grillait même les moteurs. Mon activité s’arrêtait. J'arrivais à peine à gagner 1 000 francs CFA. »
Mais depuis quelques semaines, Lamoussa dit constater une amélioration. Les coupures sont moins fréquentes et son moulin tourne désormais davantage. Conséquence : ses revenus augmentent. « Grâce à la centrale, le nombre de coupures de courant a nettement diminué durant la journée. Aujourd'hui je peux gagner 8 500 francs CFA. Je n’ai même plus le temps de m'occuper de mes activités champêtres. Je suis la plupart du temps au moulin. »
À quelques pas de là, même constat. Dans sa boutique, Méyérégué diversifie désormais son activité. Aux produits de première nécessité s’ajoute la vente de boissons fraîches : « J’ai deux frigos. S’il y a du monde, je fais marcher les deux. Un jour comme aujourd’hui où il n'y a pas de cérémonie, là c’est un seul frigo qui fonctionne. Ça me permet de vendre les marchandises parce que quand les gens viennent, ils veulent ce qui est glacé. »
L’amélioration de la fourniture en électricité profite aussi à l’école primaire publique de Sokoro. Les cours peuvent désormais se poursuivre dans de meilleures conditions, même lorsque le ciel s’assombrit. Zié Konaté est l’un des directeurs de l’établissement : « Les après-midi lorsqu’il pleut, les enfants ne peuvent pas exploiter leurs documents parce que la lumière est faible. Il fait sombre dans les salles. Avec l’arrivée de l’électricité, on n'a plus ce problème. Quelle que soit la météo, on a l’électricité en permanence maintenant. On peut continuer à dispenser notre cours correctement au grand bonheur des apprenants. »
L’école dispose également d’une salle informatique équipée d’une trentaine d’ordinateurs. Plus de 200 élèves pourront ainsi s’initier à l’outil informatique.
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