Reportage Afrique · 22 sept. 2026 · 2:14
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Parmi les communautés impactées par la présence du groupe terroriste Boko Haram dans la région de l’Extrême-Nord, au Cameroun, l’arrondissement de Kolofata, limitrophe du Nigeria, a longtemps été le théâtre d’attentats kamikazes faisant de nombreux blessés civils et militaires. Leur transfert vers les centres de santé ou les hôpitaux plus éloignés a parfois été fatal. Un hôpital de district, à Mora, assure désormais la prise en charge chirurgicale des blessés de guerre grâce à un partenariat entre le ministère de la Santé et Médecins sans frontières.
De notre envoyé spécial à Mora,
D’un pas alerte, le docteur Abali Malloum, directeur de l’hôpital de district de Mora, conduit vers un pavillon. « Nous allons visiter le service des urgences, c’est la première porte d’entrée de l’hôpital », explique le médecin.
Devant, trois lits sont disposés dans la salle de soins. « C’est ici que les blessés de guerre ou par balles présentant des hémorragies sont admis, explique-t-il. Là, vous avez une équipe d’infirmiers qui est en train de s’occuper de deux personnes. »
Dans la salle du bloc postopératoire, les onze lits sont occupés. « Chaque jour, on reçoit au moins deux à trois blessés avec des plaies balistiques. Ce sont des patients qui sont immédiatement pris en charge au bloc opératoire. Toute la zone est pauvre, les gens ne peuvent pas s’offrir le luxe de soins coûteux. S’il n’y avait pas MSF, ce serait compliqué », confie le Dr Abali Malloum.
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Réduire le taux de mortalitéIbrahima est sorti du bloc opératoire il y a dix jours. Personne à mobilité réduite, il a été attaqué nuitamment à Sandawadjiri, un village situé à 11 kilomètres de Kolofata, à la frontière avec le Nigeria : « Dans la même nuit, après avoir reçu les balles, un membre du comité de vigilance m’a aidé à être évacué vers le centre de santé de Kerawa, à la frontière avec le Nigeria. Et puis, dans la matinée, on m’a porté pour m’emmener ici, à Mora, pour la prise en charge. »
Depuis cinq ans, la prise en charge est gratuite selon certains critères : « Nous avons opté pour la prise en charge chirurgicale des cas qui sont beaucoup plus urgents afin de réduire le taux de mortalité, parce que c’est là qu’il faut vraiment agir, souligne le Dr Aboubacar Sow, chef du projet MSF-Mora. En plus, il y a ici l’insécurité et la pauvreté, donc les besoins humanitaires sont réels. Aujourd’hui, on a pu mettre en place une unité de chirurgie capable de prendre en charge une bonne part des urgences sur place. »
Plus de 500 interventions chirurgicales ont été effectuées depuis le début de l’année à l’hôpital de district de Mora, la plupart au profit des blessés de guerre civils et militaires. La structure sanitaire est équipée depuis 2024 d’un bloc opératoire flambant neuf offert par Médecins sans frontières.
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