🎙️ ÉPISODE EXCLUSIF — Monaco et la liste grise du GAFI : géopolitique et conformité d'un placement sous surveillance
Depuis juin 2024, la Principauté de Monaco figure sur la liste grise du Groupe d'action financière, aux côtés d'autres juridictions sous surveillance renforcée. Pour une place qui vit de gestion de fortune et de grande plaisance, ce classement n'a rien d'un détail technique : il redessine, transaction après transaction, la manière dont banques, brokers et family offices font affaire avec la Principauté. Voici pourquoi Monaco s'y trouve, ce que cela a changé concrètement, et où en est la sortie.
LES RAISONS DU PLACEMENT
La décision, prise le 28 juin 2024, fait suite à une évaluation MONEYVAL de février 2022 qui avait pointé plusieurs lacunes structurelles : une lutte jugée insuffisante contre le blanchiment et la fraude fiscale commis à l'étranger, un faible niveau de saisie d'avoirs criminels situés hors de Monaco, des moyens limités alloués aux magistrats en charge de ces dossiers, et surtout l'absence de sanctions jugées suffisamment effectives et dissuasives face aux manquements constatés.
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Monaco added to the FATF's grey list — Gouvernement PrincierLA RÉPONSE MONÉGASQUE
En réponse, le Gouvernement princier s'est engagé sur un plan d'action de dix-huit mois, avec des jalons intermédiaires en mai et septembre 2025. L'Autorité Monégasque de Sécurité Financière, l'AMSF, créée en juillet 2023 pour remplacer le SICCFIN, a été dotée de pouvoirs de supervision et de sanction indépendants. Dès décembre 2024, MONEYVAL revalorisait quinze recommandations en faveur de Monaco, qui atteignait la conformité sur trente-neuf des quarante recommandations du GAFI.
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FATF/MONEYVAL Grey list, enhanced monitoring — 99 Avocats associésSource :
Monaco is Strengthening AML/CTF Regime after Grey Listing, Moneyval RevealedLA CONSÉQUENCE DIRECTE : L'INSCRIPTION EUROPÉENNE
Mais les réformes législatives n'ont pas suffi, à elles seules, à convaincre. Le 10 juin 2025, six mois après la décision du GAFI, la Commission européenne a ajouté Monaco à sa propre liste des pays tiers à haut risque de blanchiment, aux côtés notamment de l'Algérie, l'Angola, le Kenya, le Liban ou le Venezuela. Conséquence directe pour tout établissement assujetti dans l'UE : une obligation de vigilance renforcée sur chaque opération impliquant la Principauté.
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Monaco inscrit sur la liste noire européenne LCB-FT — AnacofiL'IMPACT SUR LE TERRAIN
Sur le terrain, l'AMSF a intensifié ses contrôles : un premier bilan publié en septembre 2024 faisait déjà état de près d'1,5 million d'euros d'amendes et d'au moins 38 sociétés sanctionnées depuis 2022 — banques, prestataires de services aux sociétés, gérants d'actifs, cabinets d'avocats et acteurs du yachting. Les procédures se sont poursuivies depuis : en novembre 2025, un broker de yachts a été sanctionné pour des contrôles anti-blanchiment jugés obsolètes, avec une vérification insuffisante de l'origine des fonds sur des achats financés en bitcoins ; une procédure est également en cours en 2026 contre UBS Monaco, pour défaut d'évaluation globale des risques entre 2018 et 2023.
Source :
Monaco Enforces Stricter AML/CFT Sanctions in Response to FATF Grey Listing — DL Corporate & RegulatorySource :
Décision de la formation de sanction de l'AMSF — procédure n° 2025/2145 — Journal de MonacoSource :
Décision de la formation de sanction de l'AMSF — procédure n° 2025/3827 — Journal de MonacoPour les professionnels de la grande plaisance et de la gestion de fortune, l'effet est concret. Selon un cabinet spécialisé dans l'ouverture de comptes à Monaco, les délais d'entrée en relation bancaire, qui prenaient six à huit semaines en 2023, s'étalent désormais sur dix à quatorze semaines, et la justification de l'origine des fonds, qui reposait sur deux années de déclarations fiscales, en exige désormais trois. Brokers de yachts, gérants et prestataires de services aux sociétés sont traités comme des entités assujetties à part entière, avec les mêmes obligations de vigilance que les banques.
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Open a Bank Account in Monaco (2026): The Compliance PlaybookOÙ EN EST-ON
En février 2026, à l'issue de sa plénière de Mexico, le GAFI maintenait Monaco en liste grise, saluant des progrès sur la rapidité des déclarations de soupçon mais réclamant encore des sanctions pénales et administratives « réellement efficaces, proportionnées et dissuasives ». Le 19 juin 2026, le GAFI a franchi une étape supplémentaire en adoptant le quatrième rapport