Logique Floue · 14 juil. 2026 · 44:55
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Dans ce nouvel épisode de Logique Floue, Denis Rafin, chercheur chez Spirops, échange avec Luc Laroche, ingénieur, directeur sécurité, sûreté, défense et mémoire au sein du Groupe SNCF et président de Railenium.
À partir d'un projet de recherche sur le train autonome, ils explorent les défis que pose l'intelligence artificielle. Comment une machine perçoit-elle son environnement ? Peut-elle prendre des décisions fiables ? Et jusqu'où peut-on automatiser sans inclure un contrôle humain ?
Ce point de départ permet une réflexion plus poussée de l’IA dans la société.
• À qui doivent profiter les gains de productivité apportés par l'IA ?
• Comment éviter la perte des compétences humaines lorsque les machines prennent en charge certaines tâches ?
Denis Rafin et Luc Laroche défendent une vision pragmatique de l'intelligence artificielle : une technologie capable d'améliorer nos capacités, à condition de rester au service de l'humain et de s'inscrire dans un véritable projet de société.
Un épisode qui rappelle que les questions posées par l'IA sont avant tout des questions de choix collectifs.
TRANSCRIPTION
Logique Floue – Podcast
Spirops
Transcription de l’épisode 5 :
Denis Rafin et Luc Laroche
[00:00] Carole : Logique Flou est un podcast consacré à l'intelligence artificielle et au monde qui se construit autour d'elle. À travers des rencontres entre chercheurs, entrepreneurs, philosophes ou acteurs publics, nous explorons les multiples façons de penser l'IA et ses impacts sur nos sociétés. Aujourd'hui, rencontre entre Denis Rafin, chercheur chez Spirops, et Luc Laroche, ingénieur, directeur sécurité, sûreté, défense et mémoire chez SNCF Group et président de Rallenium, institut de recherche technologique.
[00:27] pour une discussion autour des usages concrets de l'intelligence artificielle et des transformations qu'elle apporte dans nos organisations. Musique
[00:40] Aujourd'hui, on reçoit Luc Laroche. Vous êtes ingénieur. Vous travaillez sur les trains autonomes dans l'innovation de manière plus générale à la SNCF. Et vous êtes aussi dans un groupe de réflexion sur l'IA et ses impacts sur la société. Est-ce que j'ai bien résumé ?
Luc Laroche : Exactement.
Carole : C'est parfait. Très bien, merci beaucoup. Et donc, on est avec Denis Rafin qui fait partie de SpirOps.
[01:04] Luc Laroche : Peut-être une précision pour commencer. Effectivement, je travaille à la SNCF. Là, je ne parle pas au nom de la SNCF. Donc, je parle au nom des compétences que j'ai pu acquérir dans les différents projets. Je ne parle pas au nom de la SNCF, même si, bien sûr, je travaille à la SNCF et je mène des projets d'innovation avec de l'IA.
Carole : Très bien, parfait. Est-ce que vous voulez me raconter un petit peu sur quoi vous avez travaillé ?
[01:27] en matière de véhicules autonomes et de trains autonomes ? Quels ont été vos travaux ?
Denis Rafin : Oui, alors déjà, moi, je peux parler dans quel contexte on s'est rencontrés. Nous, on a participé à un projet voyageur. Donc, un train, c'était plutôt un train régional voyageurs. Donc, c'est une expérimentation pour... L'objectif, c'était de savoir quels étaient les...
[01:51] contraintes, qu'est-ce qu'il était le reste à faire pour arriver à un train autonome. Donc on construisait, il y a eu une vraie réalisation, c'était un rétrofit ce qu'on appelle, c'est-à-dire la modification d'un train existant pour le rendre autonome. Nous on s'occupait de deux sujets, un sujet qui est la relation au voyageur et un peu la partie aléa, c'est-à-dire
[02:15] Définir toutes les actions, toutes les réactions à avoir quand il y a quelque chose qui n'est pas prévu.
Luc Laroche : L'objectif du projet Train Autonome, en l'occurrence, c'était pour nous d'essayer de sentir quelle était la faisabilité à terme d'un train autonome. Ce n'était pas du tout un projet qui avait comme ambition de déployer des trains autonomes, mais vraiment de monter...
[02:39] les différents niveaux de compétences de ce qu'on appelle craquer des verrous technologiques, monter les niveaux de TRL pour ceux qui connaissent l'expression. Et donc c'était ça. Et c'était d’avoir une vision globale sur qu'est-ce que ça voulait dire de l'autonomie de conduite fondamentalement. Comment ça s'insérait dans le système ferroviaire. Et notamment quand vous avez avec
[03:02] Spirops travaillait sur les aléas, c'est un des sujets les plus compliqués du train autonome. Le train autonome, c'est un robot fondamentalement. C'est-à-dire, c'est un engin qui doit capter ce qui se passe autour de lui. Donc, il y a tout un aspect de perception. On y reviendra en parlant de la partie IA. Et puis, à partir de la perception de tout ce qu'il doit percevoir,
[03:27] Il prend des décisions et après, il y a un actionneur. C'est-à-dire, il décide certaines actions. Alors, suivre un train, ce n'est pas très compliqué. En gros, il avance ou il freine. Il n'y a pas de volant. Donc, la partie décision n'est pas très complexe. La partie actionneur, ce n'est pas très complexe non plus. Il n'y a pas vraiment de verrou technologique. En revanche, le vrai verrou, c'est de comprendre l'environnement, comprendre ce qui se passe.
[03:55] et de le faire en sécurité.
Carole : Quelle est la démarche derrière ? C'est-à-dire, la SNCF, dans l'absolu, à un moment, voudra avoir des trains autonomes et voudra mettre ça en place de manière plus large ou c'est de la recherche ?
Luc Laroche : C'est de la recherche.
Carole : Donc là, vous êtes bien trouvé, du coup.
Denis Rafin : Oui, tout à fait. La d