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Leur collectif s’intéresse aux fondements procéduraux de la sérigraphie et aux conditions dans lesquelles ses principes — matrice, pochoir, surface, insolation, répétition — peuvent être transposés hors de leurs contextes habituels. Notre recherche examine comment ces gestes peuvent être détournés, déplacés ou réinterprétés à travers d’autres médiums, d’autres matières et d’autres environnements, tout en maintenant une cohérence avec les logiques propres à l’impression.
Plutôt que de considérer le procédé comme un système technique fermé, nous l’envisageons comme un ensemble de principes transposables dans des contextes variés — une réflexion qui nous amène à considérer l’impression non pas comme un simple moyen de reproduction, mais comme un espace de résistance et de réappropriation matérielle. Cette posture se concrétise dans une attention particulière aux matières usées, récupérées ou transformées par le temps. Anciens doubliers, papiers de passe, surfaces ayant déjà servi : nous travaillons avec ce qui existe déjà, ce qui a déjà circulé, plutôt que de produire du neuf.
L’usure est une qualité à activer — une mémoire inscrite dans la matière que nos gestes viennent prolonger. Si notre pratique aborde des sujets sérieux — l’éco-conception, le vieillissement, la mémoire du geste, le rapport au corps —, les œuvres qui en résultent se présentent avec légèreté : des titres malicieux, des formats inattendus, une esthétique qui joue entre le décoratif et le critique. Cette tension entre le poids du propos et la légèreté de la forme est au cœur de notre posture collective. Elle se prolonge dans notre rapport à la transmission : nous partageons nos protocoles, rendons accessibles des techniques complexes sans en trahir l’exigence, et cherchons à ouvrir notre démarche à des publics diversifiés à travers la médiation culturelle. Le soin des habitudes Exposition collective à Agrégat du 10 septembre au 31 octobre, vernissage le 17 septembre Le soin des habitudes propose d’explorer le thème du soin (« care »), à travers les manières dont il prend corps et en s’intéressant à ses dualités. Il interroge les pratiques collectives et individuelles du soin, via des propositions en art imprimé. Notre projet explore la thématique du soin par le biais des rituels de bronzage. Nos corps sont traités comme de grands anthotypes, exposés à la lumière naturelle et artificielle afin de révéler les changements progressifs de notre peau. Partiellement protégés par des pochoirs, nos corps deviennent les supports initiaux à ces expérimentations. Ces performances sont documentées et les photos prises servent de matériel pour des explorations en photogravure, cyanotype, sérigraphie et pratiques alternatives en arts imprimés. Les transformations esthétiques évoquent l’univers du soin performé et de l’entretien du corps, tout en questionnant le passage de la répétition quotidienne au rituel et à l’injonction sociale. Commissaires : Dounia Bouzidi et Amber Berson Artistes participants : Yannick De Serre, Mila Figuet, Emmanuelle Jacques, Dominique Desbiens et Ariane Valade (en collectif)