Invité politique · 6 oct. 2026 · 8:31
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Alors que les mobilisations lycéennes se multiplient et que la répression violente des forces de l'ordre s'intensifie, Agnès Pannier-Runacher – députée Renaissance du Pas-de-Calais et co-responsable du programme de la campagne de Gabriel Attal – appelle au retour au calme. « On ne devrait pas exposer des lycéens à ce type de violence ». L'ancienne ministre reconnaît aussi que « personne n’est au-dessus de la loi », tout en affirmant que les violences policières feront l’objet d’enquêtes. Sur le fond, elle dit vouloir répondre aux revendications des jeunes, notamment sur le manque de professeurs, les inégalités entre établissements et l’avenir face à l’intelligence artificielle et au dérèglement climatique. Elle plaide enfin pour « une loi de programmation de l’éducation nationale » à partir de 2027 et pour un effort budgétaire « juste » et « le mieux réparti ».
RFI : Les blocages et les manifestations se multiplient en France pour la journée de mobilisation lycéenne. Un adolescent a perdu une main à Lens, un autre a perdu un œil, il y a eu aussi des mâchoires fracturées, et tous sont des mineurs. Comment peut-on en arriver là dans un pays démocratique lors d'une mobilisation lycéenne ?
Agnès Pannier-Runacher : Vous savez, moi je suis une mère de trois enfants, plus un quatrième qui est aujourd'hui en sixième, qui est celui de mon compagnon. Et la première chose que cela m'inspire, c'est de la désolation et de la tristesse, parce qu'on ne devrait pas exposer des lycéens à ce type de violence. Et j'appelle tous les adultes, parce que nous avons une responsabilité, à faire en sorte de revenir au calme et de ne pas mettre en danger, de s'assurer que ces lycéens ne se mettent pas en danger dans le cadre de leur mobilisation. Et je ne suis pas dupe effectivement qu'il y a des éléments extérieurs qui soufflent sur les braises, des black blocks, qui mettent dans la main des lycéens des mortiers d'artifice, et tout ça est très dangereux, et donc il faut effectivement recadrer ça.
Mais quand on a 5 060 gardes à vue en deux semaines, dont 4 400 mineurs, est-ce que vous trouvez ce chiffre normal pour une mobilisation lycéenne ?
Non, je ne trouve pas ce chiffre normal. Vous savez, j'ai manifesté lorsque j'étais lycéenne, et on avait déjà des black blocks infiltrés. Et effectivement, il est essentiel de sécuriser les lycéens. Et c'est une responsabilité de parent, c'est une responsabilité d'adulte. Et j'appelle aussi tous ceux qui soufflent sur les braises à arrêter de mettre les lycéens dans cette situation. Personne n'est au-dessus de la loi, pas plus ceux qui sont en train de violences sur les violences policières que les policiers. Et vous savez qu'il y a des enquêtes de l'IGPN qui ont été lancées, et qu'elles seront strictement faites, parce que c'est une question de confiance entre nos lycéens et, je dirais, les représentants de l'État.
Mais il ne faut pas que ces violences occultent le fond du sujet. Il faut qu'on parle des revendications des lycéens. Parce que moi, c'est ce qui m'inquiète aussi, c'est qu'il faut parler des revendications des lycéens. Ces revendications pour avoir un avenir et une éducation qui soient à la hauteur de leur ambition. On entend les notions d'inégalité entre établissements. Votre reportage le montrait à l'instant. On a besoin de mettre plus de professeurs, de remplacer les professeurs et de rendre la carrière plus attractive pour les professeurs dans des lycées qui sont de la périphérie, qui sont moins recherchés aujourd'hui par les professeurs. Et c'est ce que nous portons avec Gabriel Attal. Il y a aussi toute la notion de locaux dignes, c'est-à-dire, ça c'est une responsabilité, vous le savez, des régions. Et je salue les présidents de régions qui sont mobilisés pour améliorer les locaux, qui ont pris la mesure de ces difficultés. Et il y a les inquiétudes par rapport à l'avenir de nos jeunes face à l'intelligence artificielle. Et nous avons des propositions sur ça, face au dérèglement climatique, parce qu'il y a ça aussi dans l'inquiétude des lycéens.
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Toutes ces revendications des lycéens, elles ne datent pas de la semaine dernière : la génération des lycéens qui est en ce moment dans les rues, ce sont ceux qui sont nés en 2010, lors du pic démographique, dont la scolarité dans le secondaire a été marquée par des milliers de suppressions de postes, décidées justement par Emmanuel Macron. Alors, qu'est-ce que vous voulez répondre à ces jeunes qui disent qu'ils n'ont pas les moyens ? Est-ce que ça n'a pas été fait bien trop tard, cette feuille de route avec ces chantiers prioritaires ?
Alors, je rappelle que Gabriel Attal est le Premier ministre qui a le plus augmenté les moyens de l'éducation nationale en 2024 de ces 15 dernières années. Il faut remettre les chiffres en perspective. Et ce dont nous parlent les lycéens, c'est un problème de remplacement, c'est-à-dire que ce sont des professeurs dont le budget existe, mais qui ne sont pas face aux élèves, parce que les établissements qui les emploient ne sont pas suffisamment attractifs pour retenir ces professeurs. Il faut nommer la réalité des sujets.
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