Mardi 13 octobre, le roi d’Espagne Félipe VI s’est rendu dans l’enclave espagnole de Ceuta, où fin juillet plus de 70 000 migrants en provenance du Maroc avaient franchi les frontières de la zone Euro. Un épisode qui relance le débat sur l’immigration au sein des pays de l’Union européenne : faut-il durcir la politique aux frontières ? Peut-on vraiment se passer de l’immigration ? Pour en débattre Bernard Fialaire, sénateur (RDSE) du Rhône et membre du parti radical, Guilhem Carayon, vice-président de l'UDR et avocat au barreau de Paris et Da-mien Carême, député européen La gauche.Selon Bernard Fialaire, il faudrait en priorité s’interroger sur les causes qui poussent les individus vers la migration, notamment le changement climatique et les conflits. Bien qu’opposé à une immigration incontrôlée, il plaide pour davantage d’humanité dans l’accueil des migrants : « il faut voir le parcours de vie des gens, il faut de l’humanité ». L’épisode migratoire de Ceuta « a mis à jour les failles des accords de Schengen », ainsi que « l’incapacité du Premier ministre espagnol Pédro Sanchez de gérer sa frontière », déclare Guilhem Carayon. Il ajoute qu’en ces temps de crise, ni la France ni l’Europe n’ont les moyens d’accueillir davantage d’individus et plaide pour un durcissement de la politique migratoire aux frontières. « L’Espagne a fait appel à la solidarité, il n’y en a pas eu », déclare Damien Carême, qui récuse frontalement les positions du vice-président de l'UDR. L’ancien maire de Grande-Synthe, ville du Nord particulièrement touchée par l’immigration, estime que celle-ci est une chance pour l’Europe, tout en s’opposant à une migration exclusivement de travail, qui ne ferait que piller davantage les pays de départ.
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