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Chronique des matières premières

Chronique des matières premières

Quelles perspectives de marché pour le coton produit en Afrique ?

Chronique des matières premières · 6 oct. 2026 · 2:34

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Les rencontres de l’Association française cotonnière (Afcot), se sont déroulées les 5 et 6 octobre à Lille, dans le nord de la France, avec, comme chaque année, une large participation de représentants africains du secteur. Parmi les thèmes débattus, les perspectives de marché pour l’or blanc du continent.

La nouvelle récolte débute, avec un premier constat : il reste encore du coton de l’ancienne récolte dans les pays exportateurs africains. Il y en a notamment chez certains producteurs de l’AES tels que le Mali, qui fait face à des difficultés d’approvisionnement en carburant, et peine à acheminer son coton en camion jusqu’à un port d’exportation.

Il y a aussi dans certains ports du coton prêt à être embarqué mais toujours immobilisé. Le Cameroun a eu des stocks bloqués, mais la situation est en train de revenir à la normale. En Côte d’Ivoire, en revanche, le problème est toujours d’actualité. Des négociants décrivent une situation cauchemardesque au port d'Abidjan où des centaines de conteneurs, toutes matières premières confondues, s’accumulent.

Le coton se retrouve parfois bloqué deux, voire trois mois, qu’il soit d'origine malienne, burkinabè ou ivoirienne. Cette congestion portuaire affecte tous les maillons de la filière, les producteurs, les égreneurs, les négociants, certains confient avoir déjà reçu des annulations de contrat de la part d’acheteurs indiens.

À écouter dans Un jour au village Transformation locale du coton dans les villages

Concurrence brésilienne toujours d'actualité

Ces retards tombent mal, car le coton africain doit tout faire pour soigner son image, face à son plus gros concurrent, le Brésil. « Les prix pratiqués par le Brésil font des ravages, même si partout, c’est la qualité du coton africain ou américain qui est préférée », résume un participant à l'Afcot.

Le Brésil a encore accru sa présence au Bangladesh la saison dernière, le coton de la zone franc a vu en revanche sa part de marché baisser de 40 % à 28 %. Cette année encore la production brésilienne sera importante. Mais la production est de moins bonne qualité et moins de volumes ont été certifiés BCI (Better Cotton Initiative), une norme que certains acheteurs exigent. Il y a donc peut-être une fenêtre de tir à ne pas rater pour le coton africain, suggère Antonia Prescott, directrice de la revue Cotton Outlook. Une occasion pour les producteurs de reconquérir des parts de marché perdues, à condition que les temps de transport se normalisent.

La demande à venir, clé des futurs prix

Ces six derniers mois, la consommation de coton a repris, en grande partie grâce aux importations chinoises, et a joué un rôle important dans l’évolution des prix, explique Antonia Prescott. Aujourd’hui, il y a un risque de voir la demande s’essouffler, en raison de la hausse du coût de la vie dans les grands pays consommateurs de textile.

Les acteurs de la filière regardent donc de très près les données relatives à la consommation, mais surveillent également les importations chinoises qui pourraient ne pas être aussi bonnes que ces derniers mois. Autant de facteurs qui auront un impact sur les prix et donc sur la facilité ou non pour l’Afrique de vendre son coton.

Seules certitudes à ce jour, pour Thierry Devilder, président de l'Afcot : « Un climat mondial perturbé par un puissant El Niño, une inflation persistante, un endettement mondial au plus haut, des taux d’intérêt élevés, le tout dans un contexte géopolitique mondial tendu », et un marché actuel qui semble plutôt indiquer des prix en léger repli sur 2027.

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