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Dans les livres des écoliers français, le 5 septembre 1793, c’est le début de la Terreur.
Mais ce 5 septembre 1793, à Paris, dans la vraie vie, c’est un certain Jacques Roux, Parisien ordinaire, qui se lève tôt.
Il ne se lève pas pour la Révolution, hein. Non, juste parce que la boulangerie ouvre à 7 h. Alors, il enfile son bonnet phrygien de sans culotte, retrousse sa chemise, et s’en va par les rues étroites qui n’ont pas bougé depuis le Moyen-Âge. Les pavés sont glissants, des cochers s’engueulent, c’est Paris, hein, des enfants courent après un chat en hurlant. La vie continue, même en pleine Révolution.
Dans la rue, les affiches annoncent des mots terribles : la Terreur est à l’ordre du jour. Mais pour Jacques, c’est juste des mots sur un mur, un sujet qui revient dans les conversations. Lui, sa priorité, c’est remplir son estomac et de mettre à manger sur la table pour sa famille.
A la boulangerie, il grapille un kilo de farine supplémentaire, échange un mot avec le boulanger qui peste contre le prix du blé. Ensuite, il file chez l’épicier, où il croise des voisins. On rit des décrets absurdes de la Convention. On se moque des messieurs en perruque qui passent en criant des ordres. Les annonces de la Terreur ? Ça ne les concerne pas.
Vers midi, Jacques s’arrête un instant sur un pont. Il regarde la Seine, le va-et-vient des barques, les enfants qui se baignent en jouant. Il se dit que malgré tout, cette grande Histoire qu’on annonce dans les discours, eh bien, il s’en bat l’oeil. Pour Jacques, ce 5 septembre 1793, c’est surtout la journée où il a réussi à nourrir sa famille, échanger une blague avec ses voisins et marcher sur les pavés brûlants de Paris en gardant le sourire.
La grande Histoire, vous savez quoi ? Elle peut attendre.