Romain Lanéry · 27 sept. 2026 · 10:59
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Ce qui rend les lunettes connectées dangereuses, ce n'est pas qu'elles soient mauvaises. C'est qu'elles sont excellentes.
Plus de 7 millions de Ray-Ban Meta et Oakley Meta ont été vendues sur la seule année 2025, et EssilorLuxottica vise plus de 10 millions d'unités par an d'ici fin 2026. De nouveaux modèles arrivent, certains déjà repérés dans des dossiers de certification, et ils s'intègrent désormais dans les mêmes collections que des lunettes de mode classiques. C'est précisément ça qui m'inquiète : plus le produit devient beau, banal et facile à porter, plus il devient problématique.
Parce qu'il est vraiment excellent. Avoir les deux mains libres, pouvoir filmer sans sortir son téléphone, ça change une expérience. Je le dis sans réserve : un jeune père qui filme son enfant en le regardant dans les yeux plutôt qu'à travers un écran, c'est un vrai progrès. Moi-même, j'ai porté ces lunettes lors d'un déjeuner de famille en prévenant tout le monde, et les images du plateau de fromage qui arrive sont devenues un souvenir que je n'aurais jamais capturé avec un iPhone brandi devant moi.
Le problème est ailleurs, et il est double. D'abord la reconnaissance faciale : identifier quelqu'un croisé dans le métro n'est plus de la science-fiction, ça a déjà été démontré publiquement, et une créatrice française a produit une vidéo remarquable sur le sujet en codant elle-même un algorithme de reconnaissance. Ensuite l'analyse humaine des images. Quand une IA ne comprend pas ce qu'elle voit, la logique du système veut qu'un humain, quelque part dans le monde, regarde l'image pour la lui expliquer. Cette logique est parfaitement compréhensible pour améliorer un modèle. Mais elle signifie que des scènes privées, captées par accident, peuvent finir sous les yeux de quelqu'un.
Ajoutez à ça qu'un marché parallèle s'est développé pour désactiver le voyant lumineux qui signale l'enregistrement, pour quelques dizaines d'euros. Je ne dirai pas comment, et j'ai refusé qu'on me l'explique en direct. Mais le simple fait que ce soit possible fait tomber la seule protection visible dont dispose la personne en face.
Alors non, filmer quelqu'un à son insu n'a pas attendu les lunettes. C'est juste que le champ des possibles change complètement d'échelle.
Je fais une distinction qui me paraît essentielle, et je peux me faire des ennemis en la disant. Le Vision Pro, je ne le trouve pas dangereux. Cher, très niche, pas grand public, d'accord. Mais c'est un produit personnel, fait pour vivre une expérience différente chez soi : le concert de Taylor Swift vu dans le Vision Pro est exceptionnel. Je suis beaucoup plus enthousiasmé par les technologies qui restent chez moi que par celles qui sortent dans la rue.
C'est aussi pour ça que j'ai rendu mes Ray-Ban Meta. Trois raisons : trop lourdes, elles ne m'allaient pas bien, et surtout la question des données. Quand je travaille sur des sujets confidentiels pour des marques, je ne veux pas que des images de mon écran partent se faire analyser à l'autre bout du monde sans que je le sache. Sur Google j'accepte l'historique, parce que je sais qu'il existe. C'est la différence entre être surveillé et être informé.
Et je le redis : je referai des vidéos sur ce sujet, parce que je n'ai pas la science infuse. Je veux vraiment votre avis en commentaire : plus de bien ou plus de mal ?
Regarder ce podcast en vidéo : https://youtu.be/HrbB0yGdWRQ
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