Accents d'Europe · 29 sept. 2026 · 19:30
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C’est une des premières cibles des autocrates de tous bords. De la Russie à la Turquie, l’indépendance de la justice est malmenée pour servir des intérêts politiques. Le processus de réparation n’en est que plus long et compliqué, c’est le cas en Moldavie ou en Pologne, où l’on veut rétablir l’État de droit.
Voilà bien dix ans que la justice turque est mise au pas. Depuis la tentative de coup d’État de 2016, ce ne sont pas seulement les opposants politiques qui ont été mis en prison, mais les contrepouvoirs comme la presse ou la justice qui ont été démantelées, des milliers de magistrats ou de fonctionnaires ont été démis de leur poste et les organes de protection de justice remaniés pour que la verticalité du pouvoir puisse s’exercer sur les tribunaux.
La controverse sur les témoins anonymes
La dernière controverse concerne le procès d’Ekrem Imamoglu, l’ex-maire d’Istanbul, principal opposant du président Erdogan, est poursuivi pour corruption. Le problème est que l’essentiel de l’accusation repose sur des témoins secrets qui ne peuvent donc être confrontés à la défense. Une nouvelle controverse. Anne Andlauer.
Et en Moldavie, le processus de réforme de la justice est lancé depuis que ce petit pays, coincé entre la Roumanie et l’Ukraine est candidat à l’adhésion à l’Union européenne. C’est un grand chantier ambitieux pour un pays, dont la justice a longtemps été minée par la corruption. Le pays passe au peigne fin tous ses magistrats pour évaluer leur honnêteté, voire même leur compte en banque afin d’exclure ceux dont l’intégrité professionnelle est mise en doute... À cela, s’ajoutent des formations spécialisées pour les juges et les procureurs pour lutter contre la corruption et les crimes financiers. Vaste chantier ! C’est le reportage à Chisinau de Maria Gerth Niculescu.
Et la justice n’est qu’un des nombreux chantiers auxquels doit s’atteler la Moldavie qui est donc candidate à l’UE, depuis 2022 tout comme l’Ukraine.
Les négociations avec l’Europe ont commencé en juin, elles ne portent pas seulement sur la justice, car c’est aussi l’économie, la diplomatie ou la défense qu’il va falloir harmoniser. Mais ce qu’on peut dire, c’est que toutes ces réformes se font sous la pression constante de la Russie.
Les explications de Denis Cenusa, chercheur associé au Centre des études géopolitiques de Lituanie, et membre du Think tank moldave expert group.
Élections en Bosnie-Herzégovine : les femmes veulent se faire une place
Et direction les Balkans pour cette fin d’émission. En Bosnie-Herzégovine, petit pays d’un peu plus de trois millions d’habitants, le pays est candidat à l’Union européenne depuis 2016 et les négociations se sont accélérées depuis deux ans, avec des progrès dans la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme.
Mais c’est sur un autre volet que va s’évaluer, cette semaine, la compatibilité européenne du pays.
On vote ce dimanche (4 octobre 2026) en Bosnie pour renouveler le Parlement. Sur le papier, le pays est un modèle de parité homme-femme puisque 40% des candidatures sont réservées aux femmes sur les listes électorales. Voilà pour la théorie. Dans la pratique, c’est beaucoup moins probant car, par un tour de passe passe, les femmes sont très peu présentes dans les postes de pouvoir. C’est le reportage à Sarajevo de Louis Seiller.