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Qui était Xavier Magnée, l'avocat de Marc Dutroux, décédé à l’âge de 91 ans ?

Le portrait · 22 sept. 2026 · 3:54

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C’est une page de l’histoire judiciaire belge qui se tourne. Le célèbre pénaliste Xavier Magnée est décédé à l’âge de 91 ans.

Sa voix, sa silhouette élégante et ses envolées lyriques rappellent quatre décennies de grands procès qui ont tenu la Belgique en haleine. Xavier Magnée incarnait l’avocat à l’ancienne, le dandy des prétoires. Toujours tiré à quatre épingles, il avait le culte du beau mot, de la répartie cinglante et de la formule théâtrale. Ses confrères l'appelaient le "dernier Prince du Palais". Redoutable, il était capable de faire basculer un procès d'assises en seulement deux minutes de plaidoirie.

Pour le grand public, son nom reste indissociable de l'année 2004, lorsqu’il devient l’ « avocat du diable »…

Il reprend alors la défense du criminel le plus détesté du pays : Marc Dutroux, lors du procès d'Arlon. Un choix lourd, qu'il assumait au nom du droit absolu à la défense. Il en tirera d'ailleurs un livre en 2005 : « Marc Dutroux, un pervers isolé ». Vingt ans plus tard, il confiait encore: "C’est un malade. Je ne connais pas d’affaire pire que j’eusse défendue en 60 ans de barreau".

Xavier Magnée grandit dans un milieu bourgeois très codé

Il fait ses classes au Collège Saint-Pierre de Uccle, où il reçoit une éducation stricte. Pourtant, le jeune Xavier n'est pas un élève modèle. Il traverse des études primaires et secondaires chaotiques. Curieux, un brin voyeur et fasciné par la nature humaine, il adorait regarder par le trou de la serrure quand il était petit.

Son destin semble tracé : son père est un avocat réputé, mais très classique

Spécialisé dans le droit bancaire et les compagnies d'assurances. Là où son père défend les coffres-forts, Xavier choisit de défendre les grands bandits qui braquent les fourgons de ces mêmes banques ! Il mène un parcours d'excellence : il remporte le prestigieux prix Janson et devient le Bâtonnier du barreau de Bruxelles début des années 90. Sa longue carrière est jalonnée de figures marquantes du grand banditisme et de drames humains : le gangster Patrick Haemers, le braqueur Marcel Habran, ou encore Geneviève Lhermitte.

 Au niveau de sa vie privée, Xavier Magnée croquait la vie et aimait les femmes

Il reconnaissait volontiers ses échecs amoureux. Il disait : "J'ai compris les femmes trop tard". Son obsession pour les prétoires l'ont mené à divorcer à trois reprises. De son premier mariage sont nés deux enfants, un fils et une fille, et il était grand-père de 6 petites-filles. Sa plus grande fierté. Et puis,  Xavier Magnée revendiquait haut et fort sa foi en Dieu ainsi qu'en la justice humaine, persuadé que "tout homme mérite une explication".

Loin des caméras, l'homme avait aussi du cœur et des convictions…

Au début des années 1990, il s'était engagé pour les droits humains en participant activement à la création d'Avocats sans Frontières. Passionné de musique, Xavier Magnée aimait se détendre en jouant du saxophone. Il était aussi épicurien, et fin gastronome. Ce bon vivant appréciait tout particulièrement le bon vin et les chicons au gratin.

Xavier Magnée répétait souvent qu’il voulait "mourir à la barre"…

La vie en a décidé autrement, puisqu’il s’est éteint paisiblement, entouré des siens, peu de temps après avoir pris sa retraite. Quoi qu’il en soit, le barreau bruxellois perd aujourd'hui un ténor, qui aura marqué la mémoire collective des Belges.

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