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« Juste une dernière chose… » Cette phrase, vous l’avez forcément reconnue.
C’est la signature de l’un des détectives les plus célèbres de l’histoire de la télévision. Il porte un imperméable froissé, conduit une Peugeot 403 déglinguée, adore le piment vert et ne se sépare jamais de son cigare….
C’est COLUMBO évidemment !
Direction la fin des années 60, car il y a tout juste 55 ans, un mythe débarquait sur les écrans américains pour sa toute première saison régulière : le lieutenant Colombo.
Pourtant, rien ne prédestinait ce policier italo-américain à devenir une icône mondiale
À l’origine, Colombo naît de l’imagination de deux amis de fac, Richard Levinson et William Link. Ils s’inspirent du personnage de Petrovitch dans Crime et Châtiment de Dostoïevski. Un enquêteur qui paye de mine, mais dont la logique est implacable.
Au début, Colombo n'est qu'une pièce de théâtre
Puis un téléfilm unique en 1968. Mais le public adore. La chaîne NBC commande une série. Nous sommes en 1971, il y a 55 ans. Et c'est là que le génie opère, grâce à une intuition révolutionnaire : inverser totalement les codes du polar.
C’est le concept du « inverted detective story » ou le « meurtre inversé »
Dès les dix premières minutes de l'épisode, le spectateur voit le meurtre, connaît le coupable et sait exactement comment il a procédé. Le suspense ne repose plus sur le « Qui a tué ? », mais sur le « Comment Colombo va-t-il le piéger ? ». Un duel psychologique fascinant entre des criminels riches, puissants, arrogants, et un petit policier qui feint la maladresse pour mieux les observer.
Le tout premier épisode de la série, intitulé Le Livre témoin a été confié à un parfait inconnu à l'époque
Un gamin d'à peine 24 ans qui porte de grandes lunettes : un certain Steven Spielberg. Peter Falk était très frileux à l'idée de confier le lancement de sa série à un débutant. Mais Spielberg va littéralement dynamiter les codes de la réalisation télévisuelle de l'époque. Peter Falk est tellement bluffé par sa créativité. Plus tard, il déclarera que Spielberg était « beaucoup trop talentueux pour faire de la télévision ».
Et puis, Derrière l'imperméable de Columbo, il y a Peter Falk.
Et là encore, les producteurs ne voulaient pas de lui au départ…Ils cherchaient un acteur plus grand, plus classique. Mais Falk va s’approprier le rôle au-delà de toutes les attentes. C'est lui qui apporte ses propres vêtements sur le plateau, y compris ce fameux imperméable beige usé jusqu'à la corde. C'est lui aussi qui improvise les mentions constantes de sa femme, cette mystérieuse « Madame Colombo » que l’on ne verra jamais à l'écran.
Après l'arrêt définitif de la série Columbo, Peter Falk a plongé dans une profonde dépression
Ce qui a accéléré son déclin mental. Il a terminé sa vie en 2011 à l'âge de 83 ans, affaibli par la maladie d'Alzheimer et marqué par de profonds conflits familiaux.