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Le prix Nobel de la paix 2026 a été décerné à une femme d’exception : la juriste sud-africaine Navanethem Pillay
Le monde entier l'appelle affectueusement "Navi"… De la lutte contre l'apartheid en Afrique du Sud aux enquêtes sur les crimes commis à Gaza, en passant par le génocide rwandais, Navi Pillay a consacré près de soixante ans à la défense des droits humains. À 85 ans, la juriste sud-africaine voit son engagement pour la justice et la paix récompensé par le comité Nobel norvégien.
Cette femme au courage immense est une pionnière absolue. Et pourtant rien ne présageait pour elle un tel destin
Tout commence le 23 septembre 1941 à Durban, sous le soleil mais aussi sous le joug de l’apartheid. La petite Navi naît dans une famille modeste d'origine indienne tamoule. Son père est chauffeur de bus, sa mère n'a jamais pu aller à l’école. À la maison, il y a 7 enfants. Les parents sont pauvres, mais ils ont une règle d'or : filles et garçons seront éduqués de la même manière, fait rare pour l'époque. Ils poussent Navi à étudier. Repérée par un directeur d'école qui croit en son potentiel, la communauté locale va même se cotiser pour lui payer ses études universitaires. Une solidarité qui va changer sa vie.
En 1967, elle devient la toute première femme racisée à ouvrir son propre cabinet d'avocats dans la province du Natal.
Ce que le régime raciste de l'époque considère comme une audace impensable. Mais elle se bat et pendant près de trente ans, elle va défendre les militants anti-apartheid au péril de sa vie. C'est elle qui arrache des droits fondamentaux pour les prisonniers politiques de la sinistre île de Robben Island, améliorant les conditions de détention d'un certain... Nelson Mandela.
Quand la démocratie renaît enfin en 1994, Mandela ne l'oublie pas et la nomme première femme non blanche à siéger à la Haute Cour d'Afrique du Sud.
Mais le destin de Navi dépasse les frontières :
Navi Pillay préside le Tribunal pénal international pour le Rwanda, où elle fait entrer le viol collectif dans le droit international comme crime de génocide. Elle devient juge à la Cour pénale internationale à La Haye, puis Haute-Commissaire aux droits de l'homme à l'ONU. Jusqu'à aujourd'hui, Navi Pillay est restée cette femme au franc-parler légendaire, refusant de plier face aux grandes puissances, qu'il s'agisse de dénoncer les dérives des États-Unis, de la Chine ou, plus récemment, de diriger la commission d'enquête de l'ONU sur le Proche-Orient.
Derrière la juge en robe noire se cache aussi une femme de cœur
En 1965, elle épouse Gaby Pillay, lui aussi avocat et fervent militant. Ensemble, ils traverseront les tempêtes de la persécution politique, Gaby étant lui-même détenu par la police du régime. Aujourd'hui veuve, Navi est la maman de deux filles, Isvari et Kamini, à qui elle a transmis ce même feu sacré pour la justice.
Elle est devenue l'une des plus grandes juristes de notre siècle
Elle prouve que le droit est la plus belle des armes pour changer le monde. A 85 ans, la petite fille de Durban, la fille du chauffeur de bus, recevra sa médaille d'or à Oslo le 10 décembre prochain. Une vie de droiture et de courage qui force le respect et l’admiration.