Podlilecteur de podcasts Webplayer

Reportage Afrique

Reportage Afrique

RDC: à Kinshasa, le Service national, composé surtout d'anciens délinquants, lutte contre l’insalubrité

Reportage Afrique · 16 sept. 2026 · 2:17

0:002:17

Écoutez dans l'app Podli 🎧

Suivez vos podcasts préférés, écoutez hors ligne et en voiture avec CarPlay et Android Auto, et reprenez toujours là où vous en étiez. Essai gratuit.

À Kinshasa, le président Félix Tshisekedi mise sur le Service national pour lutter contre l’insalubrité. Cette task force a déployé plus de 4 500 recrues dans les rues de la capitale, qui produit près de 15 000 tonnes de déchets chaque jour. Des hommes, pour la plupart d’anciens délinquants condamnés par la justice, sont aujourd’hui chargés de nettoyer la ville et d’y faire régner l’ordre. 

De notre correspondante à Kinshasa, 

5 heures du matin au stade Tata Raphaël. Dans la pénombre, 1 500 hommes avancent au pas. Vêtus de combinaisons bleues et de bottes jaunes, ils chantent à l’unisson, avant de se déployer dans Kinshasa. Leur rôle : débarrasser la capitale de ses montagnes de déchets.

« Avant, j’étais kuluna, un délinquant, témoigne Nzaba Mubiala, aujourd'hui commandant de compagnie. La formation que j’ai suivie dans le centre m’a transformé. Ce que l’État a fait de moi, j’en suis très fier. Quand je vois ce que je suis devenu, je n’ai même pas les mots, c’est la joie. »

Dans d’énormes camions-bennes, les hommes chargent pelles, balais et brouettes, direction les grands axes de la capitale. Avec une cinquantaine de camarades, Guillaume Kapuya, pelle à la main. débouche un caniveau : « Regarde, il y a du béton qui a été versé dans le caniveau. Avec les déchets, ça bloque l’eau, ça va tout inonder, montre-t-il. On est en train de l’enlever. Et le locataire de la maison juste à côté nous aide car c’est lui qui a versé le béton. »

À écouter dans C'est pas du vent Explosion des déchets ménagers : pourquoi tous les pays sont concernés?

Des méthodes qui font polémique

Sur les réseaux sociaux, plusieurs vidéos montrent des membres de cette task force infligeant des coups de fouet ou imposant du travail forcé. « On ne peut pas mettre d’amende ou prendre de l’argent. On n'est pas violent, conteste un membre de la compagnie. Si quelqu’un jette un déchet, on lui donne un peu de travail pour qu’il ne recommence pas. »

Les membres du Service national sont rémunérés entre 250 et 500 dollars par mois. Dans les rues, les habitants observent le travail accompli. « Le Service national fait un superbe travail. Ils travaillent pour nous tous, car la ville est dans un état de saleté incroyable. C’est très bien ce qu’ils font », s'enthousiasme une personne. Une autre explique que depuis, elle garde ses bouteilles d'eau pour les jeter chez elle.

Mais nettoyer ne suffit pas, selon les urbanistes. Sans véritable politique d’assainissement, les tas d’ordures risquent de vite réapparaitre.

À écouter dans 8 milliards de voisins Déchets urbains : ce que le propre et le sale disent de nos sociétés

Épisodes: Reportage Afrique

PodliTélécharge l'app Podli gratuite
↓ App