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Côte d’Ivoire: Grand-Bassam déjà dans les préparatifs de la Fête de l'Abissa

Reportage Afrique · 25 sept. 2026 · 2:13

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En Côte d’Ivoire, se tiendra dans un mois, à partir du 25 octobre, la fête de l’Abissa. Deux semaines de festivités qui se déroulent dans la ville balnéaire de Grand-Bassam, à une trentaine de kilomètres d’Abidjan pour célébrer le nouvel an du peuple N’Zima Kôtôkô. Sur place, les habitants sont déjà à pied d’œuvre pour préparer la ville à recevoir les dizaines de milliers de festivaliers. Reportage à Grand-Bassam. 

De notre correspondante en Côte d'Ivoire,

Dans sa boutique située au quartier France, Jean Ndouba Kouamé vend des produits de tous les jours, divers articles qu’ils commencent à stocker en plus grand nombre, en prévision de la fête.

« C’est un grand moment pour nous parce que tous les commerçants arrivent à s’en sortir. Peu importe ce que tu vends, ça va marcher. Même si tu es un mauvais dessinateur, dessine n’importe quoi sur un tableau et les gens vont aimer et acheter ! Parce que ce moment est un moment sacré pour nous, c’est notre nouvel an ! Les gens viennent de partout. Pendant cette période, si tu es un commerçant et que tu as l’habitude de vendre pour 50 000 francs CFA par mois, là en une semaine, tu vas atteindre près de 350 000 francs CFA. Tu multiplies ton chiffre d’affaires par 5 », explique-t-il.

L’Abissa est une fête traditionnelle qui célèbre le nouvel an chez le peuple N’zima Kôtôkô. L’événement rassemble chaque fin octobre des dizaines de milliers de visiteurs, venus admirer les danses rituelles, de célébration et de cohésion. Elles se déroulent sur une place exiguë, près du palais royal, où les ouvriers sont à pied d’œuvre.

« Il va y avoir une tribune ici qui est en train d’être installée…, raconte Binlin Ndamoulé, président de la Commission Tradition et Valorisation culturelle de l’Abissa. On sent la frénésie, parce qu’habituellement quand on vient, c’est calme. Mais vous voyez, à tous les coins de rue, des petites constructions sont en train d’être faites. C’est ça aussi, ça participe de la préparation de l’événement ».

Un pagne créé spécialement pour le festival

Si les tambours traditionnels rythment les danses de l’Abissa, les pagnes, eux, les habillent. Chaque année, le festival crée un modèle spécial. Sur des tons de bleu cette année, avec les attributs traditionnels – équivalent des armoiries – des 7 familles qui composent les N’zima. « Le pagne cette année est vraiment beau. On est sorti de l’ordinaire. On a changé la couleur, il est magnifique », précise Binlin Ndamoulé.

Et ils se vendent plutôt bien, explique Dédé Kouamé Jean-Jacques, l’un des fournisseurs : « On peut vendre plus de 300 000 à 400 000 francs CFA par jour. Une année, j’ai même vendu plus de 1 400 000 francs CFA en une journée seulement. Ce n’est pas obligatoire [d’en porter, NDLR], mais quand on dit "l’Abissa", et que tu portes une tenue en pagne, c’est bien beau ».

Vêtu du pagne officiel, maquillé de kaolin, comme il est de coutume à l’Abissa, il ne reste plus qu’à attendre le début des festivités. Elles sont prévues dans un mois.

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