Podlilecteur de podcasts Webplayer

Reportage Afrique

Reportage Afrique

En Tanzanie, certains voient l'arrivée d'El Niño comme une opportunité [3/3]

Reportage Afrique · 6 oct. 2026 · 2:08

0:002:08

Écoutez dans l'app Podli 🎧

Suivez vos podcasts préférés, écoutez hors ligne et en voiture avec CarPlay et Android Auto, et reprenez toujours là où vous en étiez. Essai gratuit.

La région de Morogoro, à l’ouest de Dar es Salaam, est l’une des grandes régions agricoles de Tanzanie, et l’arrivée prochaine d’El Niño est suivie de près. Ce phénomène devrait apporter de fortes précipitations sur une grande partie du pays. Si certains les redoutent, d’autres y voient une opportunité. C’est le cas de l’association Agriwezesha qui va proposer aux petits agriculteurs qu’elle aide de profiter de ces pluies garanties pour planter des arbres. 

De notre envoyée spéciale à Morogoro, 

Au pied des monts Uluguru, à 5 heures de route de la capitale économique Dar es Salaam, Deograsia Ignas observe ses allées de plants d’arbres de toutes sortes. Certains sont encore tout jeunes, d’autres prêts à être plantés : « Ici, vous voyez, ce sont des girofliers qui ont à peu près 6 mois, montre-t-elle. Ici, nous avons des cacaoyers et des manguiers qui sont tous prêts à être plantés, on attend juste la pluie. »

La jeune femme a fondé l’association Agriwezesha en 2019 et son objectif est d’accompagner les petits agriculteurs de la région à développer leurs terres et pérenniser leur production agricole. Selon Deograsia, les pluies à venir d’El Niño sont une aubaine : « D’habitude, nous plantons de mars à mai, donc ce qu’on va faire, c’est profiter d’El Niño pour remplacer les arbres morts de la saison dernière. »

À lire aussi Tanzanie: à Dar es Salaam, le quartier vulnérable de Kipawa se prépare à El Niño [1/3]

Une saison des pluies supplémentaire

Avec El Niño, l’irrigation est garantie et gratuite sur des parcelles qui n’ont aucun système d’irrigation artificiel. Une saison des pluies supplémentaire en somme qui fait gagner du temps aux agriculteurs. « En temps normal, nous devrions attendre jusqu’à mars prochain pour remplacer les arbres morts, en même temps que la plantation de la saison prochaine, précise Deograsia Ignas. Donc si la pluie vient, on pourra séparer les deux étapes et se focaliser uniquement sur les nouveaux arbres l’an prochain. Ça nous permet de commencer le travail en avance. »

L’œil rivé sur ses petits plans collés les uns aux autres dans des pots en plastique noir, Mustafa Mtawa est l’un des jardiniers d’Agriwezesha. Lui tente de préparer au mieux sa pépinière avant l’arrivée de la pluie. « Les fortes pluies sont un défi mais on ne peut pas l’éviter, on doit le gérer, reconnait-il. C’est pour ça qu’on a creusé un système d’évacuation des eaux ici. Quand la pluie commencera, on sera sûrs que nos plants ne seront pas endommagés » Selon lui, une fois les précautions prises, il faudra ensuite tirer le meilleur de cette situation. « Les agriculteurs sont contents, pour ceux situés dans les hauteurs des montagnes, ils pourront en profiter pour cultiver des variétés à cycles courts. C’est une véritable opportunité », se réjouit-il.

Les pluies d’El Niño devraient arriver dès le mois d’octobre avec un pic autour des mois de novembre et décembre en Tanzanie. 

À lire aussi À Morogoro, la Croix Rouge prépare la population à l'arrivée d'El Niño [2/3]

Épisodes: Reportage Afrique

PodliTélécharge l'app Podli gratuite
↓ App