C’est un incontournable de nos petits-déjeuners : la
pâte à tartiner. Mais derrière ce produit qu’on adore, se cache une réalité souvent méconnue. La grande majorité des
noisettes utilisées dans le monde provient… de
Turquie, qui représente à elle seule environ
70 % de la production mondiale.
Alors forcément, quand on ouvre un pot, il y a de fortes chances que les ingrédients aient parcouru des milliers de kilomètres avant d’arriver sur notre tartine.
Mais ça, c’est peut-être en train de changer.
En Belgique, un entrepreneur a décidé de
relocaliser la production de noisettes. Il s’appelle Benoit Genin et il est à la tête de Agronuts, une entreprise basée à
Fosses-la-Ville, dans le Namurois.
Son ambition ? Créer une véritable
filière noisette en Wallonie.
Pour y parvenir, il est allé chercher l’ADN des meilleures variétés, notamment celles du
Piémont italien, réputées pour leur goût. Ces noisettes ont ensuite été
adaptées et plantées en Belgique, avec un objectif clair : produire localement ce que l’on importait jusqu’ici massivement.
Et le résultat ne se limite pas à la culture.
Agronuts propose aussi une pâte à tartiner bien de chez nous. Avec une composition qui interpelle : environ
30 % de noisettes, contre à peine 13 % pour certaines grandes marques bien connues.
Côté
sucre aussi, la différence est notable : environ
30 %, contre plus de 50 % pour les produits industriels classiques.
Et surtout : pas d’huile de palme. Ici, elle est remplacée par de l’
huile de colza belge, accompagnée de f
ibres de chicorée, elles aussi produites localement, qui apportent une texture onctueuse.
Mais au-delà du produit, c’est tout un modèle qui se dessine.Car développer la noisette en Belgique, ce n’est pas seulement proposer une alternative plus saine. C’est aussi une
opportunité pour le monde agricole.
Dans un contexte où de nombreux agriculteurs cherchent à
diversifier leurs activités, le noisetier offre une piste intéressante. Il permet de sortir des monocultures classiques et d’ouvrir de nouvelles sources de revenus.
Et pour sécuriser cette transition, Agronuts s’engage à racheter les récoltes à un
prix minimum garanti. Un élément clé pour rassurer les producteurs et encourager les plantations.
Sur le plan écologique aussi, le noisetier a des atouts. Son
système racinaire, très dense en surface, permet de retenir les sols et de
limiter l’érosion, notamment lors de fortes pluies. Il contribue également à la captation de carbone.
Autrement dit : une culture qui fait du bien à la terre… et à ceux qui la travaillent.
L’aventure est encore jeune, mais elle avance vite. Partie d’un hectare test, la filière compte aujourd’hui environ 200 hectares cultivés en Belgique. L’objectif ? Atteindre
entre 400 et 500 hectares dans les prochaines années.
Derrière ces chiffres, ce sont aussi des emplois qui se créent : dans les champs, mais aussi dans la transformation, avec un centre déjà installé à Fosses-la-Ville.
Un petit pas pour nos tartines… mais un grand pas pour notre agriculture.
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