La
Coupe du monde 2026 marque un tournant dans l’histoire du football mondial. Pour la première fois, le tournoi réunira
48 équipes au lieu de 32. Une expansion spectaculaire qui fera passer le nombre de rencontres de
64 à 104 matchs.
Pour les amateurs de football, cela signifie davantage de spectacle. Pour les spécialistes du climat, cela signifie surtout davantage de déplacements, davantage d’infrastructures mobilisées et davantage d’émissions de gaz à effet de serre.
C’est ce que souligne le rapport intitulé
The Climate Blind Spot of FIFA: Men's World Cup in a Warming World, publié par le
New Weather Institute, un groupe de réflexion britannique indépendant spécialisé dans les questions climatiques.
L’un des principaux problèmes est géographique. Contrairement aux éditions précédentes, la compétition se déroulera dans
trois pays différents et dans
16 villes hôtes réparties sur un immense territoire. Les équipes, les délégations, les journalistes et les supporters devront parcourir des milliers de kilomètres entre les matchs, souvent en avion.
Selon les estimations relayées par le rapport, l’événement pourrait générer
au moins 9 millions de tonnes de CO₂ équivalent, soit près du double de la moyenne des quatre dernières Coupes du monde. En intégrant l’ensemble des déplacements aériens induits par la compétition, certaines projections évoquent même jusqu’à
15 millions de tonnes de CO₂ équivalent.
Pour visualiser cet ordre de grandeur, cela correspondrait aux émissions annuelles de plusieurs millions de voitures thermiques ou à une surface forestière gigantesque nécessaire pour absorber ce carbone.
Mais les transports ne sont pas les seuls responsables. De nombreux matchs se dérouleront dans des régions particulièrement chaudes. Les systèmes de
climatisation, les infrastructures d’accueil et les équipements nécessaires au confort des spectateurs entraîneront une consommation importante d’
énergie et d’
eau.
Autre élément souvent oublié : les
externalités. Au-delà de l’organisation du tournoi lui-même, les campagnes publicitaires et les partenariats commerciaux encouragent indirectement certaines consommations fortement émettrices. Le rapport pointe notamment le rôle de certains sponsors liés au secteur aérien ou aux
énergies fossiles, dont l’impact dépasse largement le cadre des stades.
Faut-il pour autant ne retenir que les aspects négatifs ? Pas forcément.
Cette édition comporte également plusieurs avancées notables. La plus importante est sans doute qu’
aucun nouveau stade n’a été construit spécifiquement pour le tournoi, ce qui évite une part importante des émissions généralement liées aux grands événements sportifs.
Certaines infrastructures ont également intégré des dispositifs plus durables. C’est notamment le cas du stade d’Atlanta, qui prévoit de récupérer et réutiliser l’
eau de pluie pour une partie de ses systèmes de refroidissement.
Le rapport propose également
plusieurs pistes pour réduire l’empreinte carbone des futures compétitions : limiter le nombre d’équipes participantes, privilégier des pays disposant déjà d’infrastructures adaptées, renforcer les transports bas carbone, développer davantage les
fan zones locales et questionner la présence de sponsors issus des secteurs les plus polluants.
Car derrière la passion du football se pose une question de plus en plus difficile à ignorer : comment continuer à organiser des événements planétaires tout en respectant les limites environnementales de notre époque ?
Le football reste le "beau jeu", mais son empreinte écologique devient aujourd’hui un sujet incontournable dans le débat sur l’
avenir des grands événements sportifs.
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